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(le ventre) Birds of Paradise Club - Léa Abaroa (le ventre) Birds of Paradise Club - Léa Abaroa (le ventre) Birds of Paradise Club - Léa Abaroa
(le ventre)
Birds of Paradise Club

C'est un terrain vague sur les hauteurs de la ville à l'orée de la jungle. Les soirs de beaux jours on entreprend la montée à la nuit tombée : quatre/cinq par voiture, dix/quinze voitures, serpentant depuis le quartier contre les flancs du relief. (lire la suite)

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STRATA-MRS The Volume Of Light - Léa Abaroa STRATA-MRS The Volume Of Light - Léa Abaroa STRATA-MRS The Volume Of Light - Léa Abaroa STRATA-MRS The Volume Of Light - Léa Abaroa STRATA-MRS The Volume Of Light - Léa Abaroa
(STRATA-MRS)
Le Volume de la lumière

Vous dites tous que la lumière est une onde électromagnétique et qu'une onde est une forme d'énergie et que l'énergie n'a pas de volume. J'aimerais vous contredire. (lire la suite)

Far Side Of The Moon - Léa Abaroa Far Side Of The Moon - Léa Abaroa Far Side Of The Moon - Léa Abaroa Far Side Of The Moon - Léa Abaroa Far Side Of The Moon - Léa Abaroa Far Side Of The Moon - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa
(Chungking, Chine)
Far Side of the Moon

On est à l’arrière d’un taxi, la moiteur rend la nuit dense. La ville est rouge et bleue, fuchsia, nos peaux rose et noire collent à l’intérieur cuir. (lire la suite)

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Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa Chinese City Dying Flower - Léa Abaroa
(Chungking, Chine)
Une ville chinoise, Dying Flower

Il est peut-être onze heures du soir, un homme s’engouffre dans un immeuble et elle le suit. D’abord un ascenseur, et, à l’étage, un autre homme, en costume. (lire la suite)

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Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa Romeo With A D Like Rodeo - Léa Abaroa
(Ride à travers Alger)
Roméo avec un d comme rodéo

Roméo avec un d comme rodéo ta beauté est plus rude que le soleil. Autour de nous la membrane d'acier élargit l'intime. (lire la suite)

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Sur une rive du Mékong

(le ventre) Birds of Paradise Club

« L’imagination conçue dans la primitivité de sa force désigne le ventre comme une région heureuse, chaude, tranquille. (...) Il est le centre du grand fleuve gris, le centre du ciel lavé de pluie, la bouée de l’inondée. Il digère lourdement l’Univers. »

- Gaston Bachelard, La terre et les rêveries du repos

C'est un terrain vague sur les hauteurs de la ville à l'orée de la jungle. Les soirs de beaux jours on entreprend la montée à la nuit tombée : quatre/cinq par voiture, dix/quinze voitures, serpentant depuis le quartier contre les flancs du relief. Un peu avant l’arrivée le convoi s’immobilise. Nous les filles on descend et on finit à pied. On aperçoit le disque d’or, vaste étendue lumineuse à la circonférence délimitée par une centaine de tiges plantées au sol, fines et souples, translucides, d’une hauteur d’un mètre. Chaque tige émet un rayon laser de couleur jaune dirigé vers le centre. Chacune de nous prend un numéro et attend son tour - les vêtements brillent les fleurs éclosent. Quand c'est à nous on pénètre à l’intérieur du cercle et la lumière nous entoure la taille. On se place face à l'est comme devant un miroir, ventre dehors, à la manière du ciel qui se présente à la terre. Notre driver avance sa voiture aux abords du périmètre. On lève la main. Il enfonce la pédale d’accélérateur et se met à drifter autour du cercle, dans l’ombre, le pare-choc avant collé à la lumière. Ça sent le caoutchouc qui brûle. Le centre à l'intérieur de nous est une spirale qui vrille et dans la danse on ne fait que reproduire ce mouvement, en tournant continuellement sur nous-même. L'intérieur se déverse alors dans l'extérieur et au fond ce qu’on à offrir au monde ça n’est jamais que ça : l'intérieur de nous brut et nu. À chaque révolution le driver fait un signe au passager arrière qui tient dans la main une arme de poing. Il tend le bras à l’extérieur de la voiture et tire. Sur le pistolet est monté un silencieux qui supprime l’onde et la flamme de bouche car seul compte l’effet de la balle. Elle fuse à travers la surface, déplaçant l’air, faisant plier la lumière, à l’image du temps qui compresse et use l’espace. Son passage déclenche un front d’onde d’une finesse extrême qui nous traverse tsunami-like et pour nous c’est un décompte, on sait qu’on n’a droit qu’à quatre tours - nord sud est ouest printemps été automne hiver. À la fin du quatrième on quitte la lumière, on se fait avaler par la jungle. Le temps irréel dissout nos traces.

En ville on nous appelle, d'après le nom de cette plante dont la fleur se déploie singulièrement, le Birds of Paradise Club.

Mer Méditerranée

Strata-MRS
Le Volume de la lumière

Vous dites tous que la lumière est une onde électromagnétique et qu'une onde est une forme d'énergie et que l'énergie n'a pas de volume. J'aimerais vous contredire. La lumière est composée de photons. Le photon est une des particules élémentaires du modèle standard de la physique des particules. Il est vecteur de l'interaction électromagnétique. Son spin est de 1 et sa masse de 0<1×10^-18 ev/c². Sa masse est plus petite que 0, c'est pour ça qu'elle nous paraît négligeable. Négligeable parce que notre science n'est pas si développée. Notre science nous fait dire qu'un photon n'a pas de volume. Il a pourtant une masse et un volume, bien que notre science ne puisse pas les mesurer précisément et c'est pour ça qu'elle l'appelle particule idéale, comme on appelle énergie sombre un certain type d'énergie qui nous est inconnue et qu'on ne peut expliquer. Notre connaissance en matière de mesure est, en un sens, encore très limitée.*

*commentaire trouvé sur internet, poétique à sa façon

Chungking mégaville, Chine

Far Side Of The Moon

On est à l’arrière d’un taxi, la moiteur rend la nuit dense. La ville est rouge et bleue, fuchsia, nos peaux rose et noire collent à l’intérieur cuir. Du poste radio s’échappe une chanson tendre, et c’est aussi la chanson qui passait à la caisse du 7-Eleven ce matin et il y a des années dans un bus qui roulait vers Tianjin. Elle a cette qualité de solitude dans laquelle les mondes adviennent.

Plus tard dans la chambre d’hôtel W. s’affale sur son lit. Un faible halo de LED blanc froid l’isole et de nouveau, sous mes yeux, étendue, la qualité de tout à l’heure.

_

Ces images sont issues de la série Une Ville Chinoise Dying Flower. Elles ont été altérées à l’aide d’un programme informatique simulant en partie le fonctionnement du synthétiseur vidéo rutt/etra. Les données de luminosité contenues dans l’image originale sont transformées en données de profondeur, ce qui fait de la photographie un élément en trois dimensions manipulables et, du corps représenté, une étendue spatiale, un paysage.

La version de The Moon Represents My Heart interprétée par la chanteuse taiwanaise Teresa Teng en 1977 occupe une place particulière dans le répertoire chinois de pop music. Autorisée à la diffusion par le régime de Chine continentale après plusieurs décennies de chants révolutionnaires, elle ouvre une autre trajectoire, individuelle – une trajectoire de l’intime.

Le titre fait référence au premier alunissage réussi sur la Face cachée de la Lune, le 3 janvier 2019, par l’atterrisseur chinois Chang’e-4.

Chungking mégaville, Chine

Une Ville chinoise, Dying Flower

Il est peut-être onze heures du soir, un homme s’engouffre dans un immeuble et elle le suit. D’abord un ascenseur, et, à l’étage, un autre homme, en costume. Un premier couloir, long et étroit, des portes en verre à travers lesquelles on observe des bandes de jeunes – karaoké. Au bout du couloir le toit, il fait nuit noire. Rétroéclairée par de gigantesques néons-idéogrammes, une file de filles en micro-robes s’apprête à emprunter le second couloir. Elle dit trop bien, un bal. Elle emprunte le second couloir, identique au premier, si ce ne sont les portes, opaques, et les gardes à oreillettes plantés devant. Une dernière porte, la file s’arrête. Un garde, fille après fille, confisque les téléphones. La porte s’entrouvre, trois gros hommes. Je l’attrape par le bras, partons.

Un autre jour, dans l’ascenseur. L’homme d’affaire Sylvio lui tend sa carte. En arrivant dans la chambre elle lui écrit un mail, elle trouve qu’on n’a pas assez d’argent. Plus tard, un matin, elle reçoit un coup de téléphone de la réception. Il a laissé une enveloppe, des billets, 300 renminbi, 43.62 dollars en tout. Elle rit.

Un autre jour elle dit,

j’ai toujours voulu être belle.

Ride à travers Alger

Roméo avec un « d » comme rodéo

Roméo avec un d comme rodéo ta beauté est plus rude que le soleil. Autour de nous la membrane d'acier élargit l'intime. Sans destination on dévale la ville et c'est comme un cri, et la poussière du désert qui tapie les rues se soulève sur notre passage et griffe nos bouches et on fonce jusqu'à la mer, ultime frontière. Sans destination on avale la ville.

En bas tout en bas, sur la corniche boulevard Saïd Touafdit, le cadavre d’un vaisseau hurlant gît face à l’azur comme un échec et l’envie de fuir nous étreint mais on ne fuit pas ou alors on revient, et, sous le poids de ceux qui vibrent dans l’errance, par refus ou parce qu’ils subissent, désorientés, l’inexistence des possibles, la ville se congestionne, jusqu’à l’implosion majestueuse.